Aquarelles du siècle dernier

Mercredi 25 juin 2008

 


AQUARELLE SUR PAPIER CANSON -  1999  - 24 X 32 cm


*************

 

QUE LA MONTAGNE EST BELLE

 

Que la montagne est belle

Près des neiges éternelles

Vierges et immaculées

Que nul n'a su violer

 

Mais qu'il est merveilleux

Sous un soleil radieux

De pouvoir admirer

Ses sommets décorés

 

Toutes ses cimes en beauté

Espaces de liberté

Inondées de lumière

Incitent à la prière

 

Alors sous le ciel bleu

Osons bénir notre Dieu

Et sentons la caresse

De sa brise de tendresse

 

Robert CASANOVA  -  18/06/05
www.robertcasanova.fr

 °*******°





La Montagne qui accouche



Une Montagne en mal d'enfant

Jetait une clameur si haute,

Que chacun au bruit accourant

Crut qu'elle accoucherait, sans faute,

D'une Cité plus grosse que Paris:

Elle accoucha d'une Souris.

Quand je songe à cette Fable

Dont le récit est menteur

Et le sens est véritable,

Je me figure un Auteur

Qui dit: Je chanterai la guerre

Que firent les Titans au Maître du tonnerre.

C'est promettre beaucoup; mais qu'en sort-il souvent?

Du vent.

 
                                  Auteur : Jean de La Fontaine (1621 -1695)  
                                                        
                             °*******°


A CES MONTAGNES BLEUES



Essayez un peu de percevoir la majesté de ces lieux

Imprégnez-vous, par la vue mais aussi par l'âme, de ces montagnes bleues.


Il est de ces endroits, plus magnifiques, qui vous laissent en émoi


Lorsque vous laissez agir le charme, devient un accord avec votre "Moi".


Ah, étonnantes sont ces montagnes qui vous semblent si immuables


Et de leurs couvre-chefs si blancs entourés de ces si bleus halos


En imposent, lors de cette réflexion, des sentiments bien impalpables.


Mais n'est-il pas normal lorsqu'on est majestueux d'éblouir de ces flots !


Quand vous vous retrouverez assis face-à-face avec ces beautés


Quand vous pourrez apprécier toute la magnificence de ces sur-posées


Alors viendra la compréhension de toute cette aura qui est un état de fait


Démonstration de cette grandeur qui vous influence au plus profond, ce à jamais.


Alors le jour où après en avoir longuement, mais longuement profité


De votre départ si douloureux d'être détaché, dites-vous en aparté :


"Quelle joie d'avoir appartenu, avec extase, à la grandeur de ces lieux -


Quelle tristesse de devoir abandonner ces magnifiques montagnes bleues ! "




                                           ... EsteBan Hache ...

 

Copyright : Poèmes "À CES MONTAGNES BLEUES"

[ Poème : À CES MONTAGNES BLEUES ][œuvre original][source de l'œuvre]

Copyright © EsteBaN HACHE
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre.

 

Par KTie
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Samedi 31 mai 2008




Aquarelle sur papier  - 2002  - 21 x 27 


COUCHER DE SOLEIL

A PORTICCIO

 

Quand le soleil le soir

Sur les Îles Sanguinaires

Veut nous dire au revoir

C'est extraordinaire

 

Suivez de Porticcio

Sur une plage de sable clair

Le beau golfe d'Ajaccio

Qui s'embrase pour vous plaire

 

Le soleil sous nos yeux

Derrière ce rouge repaire

Ensanglante les cieux bleus

En plongeant dans la mer

 

Dès qu'on ne le voit plus

Ses braises de lumières

Irradient dans les nues

Notre bonheur d'être sur terre

 

AMPAZA le 27/07/05


Poème de  ROBERT CASANOVA



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Un coucher de  soleil



Sur la côte d'un beau pays,
Par delà les flots Pacifiques,
Deux hauts palmiers épanouis
Bercent leurs palmes magnifiques.

À leur ombre, tel qu'un Nabab
Qui, vers midi, rêve et repose,
Dort un grand tigre du Pendj-Ab,
Allongé sur le sable rose ;

Et, le long des fûts lumineux,
Comme au paradis des genèses,
Deux serpents enroulent leurs noeuds
Dans une spirale de braises.

Auprès, un golfe de satin,
Où le feuillage se reflète,
Baigne un vieux palais byzantin
De brique rouge et violette.

Puis, des cygnes noirs, par milliers,
L'aile ouverte au vent qui s'y joue,
Ourlent, au bas des escaliers,
L'eau diaphane avec leur proue.

L'horizon est immense et pur ;
À peine voit-on, aux cieux calmes,
Descendre et monter dans l'azur
La palpitation des palmes.

Mais voici qu'au couchant vermeil
L'oiseau Rok s'enlève, écarlate :
Dans son bec il tient le soleil,
Et des foudres dans chaque patte.

Sur le poitrail du vieil oiseau,
Qui fume, pétille et s'embrase,
L'astre coule et fait un ruisseau
Couleur d'or, d'ambre et de topaze.

Niagara resplendissant,
Ce fleuve s'écroule aux nuées,
Et rejaillit en y laissant
Des écumes d'éclairs trouées.

Soudain le géant Orion,
Ou quelque sagittaire antique,
Du côté du septentrion
Dresse sa stature athlétique.

Le Chasseur tend son arc de fer
Tout rouge au sortir de la forge,
Et, faisant un pas sur la mer,
Transperce le Rok à la gorge.

D'un coup d'aile l'oiseau sanglant
S'enfonce à travers l'étendue ;
Et le soleil tombe en brûlant,
Et brise sa masse éperdue.

Alors des volutes de feu
Dévorent d'immenses prairies,
S'élancent, et, du zénith bleu,
Pleuvent en flots de pierreries.

Sur la face du ciel mouvant
Gisent de flamboyants décombres ;
Un dernier jet exhale au vent
Des tourbillons de pourpre et d'ombres ;

Et, se dilantant par bonds lourds,
Muette, sinistre, profonde,
La nuit traîne son noirs velours
Sur la solitude du monde.

Charles-Marie LECONTE DE LISLE (1818-1894)
Recueil : Poèmes barbares

Par KTie
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Mardi 13 mai 2008


Aquarelle sur papier   -    21 X 27    -      2004

  
Si l'olive se souvient de son planteur

Son huile se transformera en larmes

Oh ! sagesse des ancêtres, notre corps

pour vous deviendra un habit de protection.

On va éplucher les épines par nos cils

et on va couper la tristesse

et l'enlever de notre terre.

L'olivier conservera sa couleur verte à jamais

et rentrera dans la terre comme une arme




Poème sur l'olivier du poète palestinien Mahmoud Darwich

-°-°-°-°-


Sous les rameaux d'argent que le Mistral lutine,

Tout un peuple, à genoux, lentement s'agglutine

Pour cueuillir pieusement un ancestral trésor.

Alors, tu jailliras, belle huile de lumière,

Sous l'étau du pressoir et de la dent de pierre,

Ô, sang de l'Olympie,

Nectar aux reflets d'or !



Maurice Roux






Image:Olivier-karaburun-turquie-grande.jpg

 

 

Louange de l'olivier

 

Ton haleine un jour de janvier
Où, tirant de grosses bouffées
De ta pipe, charmant fumeur,
Est-ce le train ? Sont-ce les fées ?
La cendre du jour qui se meurt ?
Soyons justes: c’est l’olivier

 

Jean COCTEAU (Poésie de 1916-1923, Editions Gallimard, 1925)

 

 

 

 




Par KTie
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Mercredi 30 avril 2008

 

Aquarelle sur papier  -   format  21 x 27





Le Bateau Ivre

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus tiré par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.


J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands et de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

 

 

 


Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

 

 

 


La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

 

 

 


Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

 

 

 


Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

 

 

 


Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

 

 

 


Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : Je sais le soir,
L'aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelques fois ce que l'homme a cru voir !

 

 

 


J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très-antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

 

 

 


J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

 

 

 


J'ai suivi, des mois pleins, pareilles aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

 

 

 


J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux des panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

 

 

 


J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulement d'eau au milieu des bonacees,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

 

 

 



Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés de punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

 

 

 


J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instant.

 

 

 


Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombres aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

 

 

 


Presque île, balottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabotteurs aux yeux blonds.
Et je voguais lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir à reculons !

 

 

 


Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repéché la carcasse ivre d'eau ;

 

 

 


Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

 

 

 


Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient couler à coups de trique
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

 

 

 


Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

 

 

 


J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future vigueur ? -

 

 

 


Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

 

 

 


Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

 

 

 


Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leurs sillages aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

 

 

 

 

       Arthur Rimbaud

Par KTie
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