Dimanche 3 août 2008
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HUILE SUR TOILE - 2004 - 41 x 33
Provence
Poèmes de Jean CAMPION
Jean CAMPION est un poète limpide, qui, dans une métrique classique, délivre de pures merveilles.
Écoutez le chanter la Provence !
À Martigues, surtout, il redonne une beauté virginale, loin des sombres conflits politiques que connut la cité.
Les plaintes de novembre étouffent les sourires
Qui musardaient taquins sous le dôme du cours,
En dentelles d'azur et joyaux de porphyre,
Mortes mes nuits d'été, mortes sont mes amours.
Ne vous affolez pas, mes frileuses fontaines
De voir vos longs cheveux s'ébouriffer au vent ;
L'automne en son ennui réalise sa peine
En venant y poser de froids reflets d'argent.
Vous, platanes parés de l'ocre du déclin,
Acceptez ce moment sans même vous défendre.
Essaimez vos frous-frous en bruissements câlins :
Les renouveaux d'Avril sauront bien vous les rendre.
Chassé de l'univers de douces somnolences,
Le promeneur surpris par le premier frisson,
Du fond de sa ruelle où couvent des silences,
Comme un amant frustré regagne sa maison.
Chaque saison se meurt, écartant l'apparence
Qui ne peut s'intégrer à son nouveau décor.
Toi, tu ne peux changer, Aix de ma Provence,
Attentive à garder tes merveilleux trésors !…
Par KTie
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Mardi 1 juillet 2008
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2008
22:22
ACRYLIQUE et COLLAGE
de SERVIETTES en PAPIER sur TOILE - 2005 - 16 x 22
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POEME SUR LES COULEURS
Ma liberté sent la
lavande
Elle est belle comme la lande
Elle ne vient qu’après la pluie
Elle a la douceur de la
nuit
Ma liberté est gaie comme le chant des
oiseaux
Elle est claire comme
l’eau
Elle est bleue comme le
ciel
Elle a la saveur du
miel
Ma liberté se nomme amour
Elle est splendide comme la fin du jour
Elle est une merveille de vivre
Elle est la consolation des gens ivres
Elle est l'antre et
la tendresse
Elle est l’égalité
et la justesse
Poème écrit dans les années 1980 et édité en 2005
Kao-Ly Yang
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Rêve de Lavande
Sous un ciel de lavande aux parfums violets,
Je pensais le silence en destins violés.
Sur vous se posait l’ombre et mon corps de bougie
Pleurait sa pureté dans la nue assagie.
Je voilais un regard pour toucher l’univers;
Ma main suivait la vie et des sentiers ouverts.
Je coupais votre fleur, saison contemplative,
Pour réveiller l’Amour en passion hâtive.
La liberté de l’être épousait votre voix.
Se mélangeaient les airs avec esprits adroits.
A l’éther je goûtais, flaveurs spirituelles,
Se balançait le temps, amant de vos dentelles.
La Nature en son temple ornait votre magie,
Le printemps de vos yeux chantait la foi du vers,
La beauté d’un rêveur au sein d’herbe rougie.
4ème Prix Frédéric Mistral
STEPHANE MEIRELES
Par KTie
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Mardi 10 juin 2008
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06
2008
16:00
ACRYLIQUE SUR TOILE - DECEMBRE 2005 - 26 x 32
Vigne vierge d'automne
Vous laissez tomber vos mains rouges,
Vigne vierge, vous les laissez tomber
Comme si tout le sang du monde était sur elles.
A leur frisson, toute la balustrade bouge,
Tout le mur saigne,
Ô vigne vierge... Tout le ciel est imbibé
D'une même lumière rouge.
C'est comme un tremblement d'ailes rouges qui tombent,
D'ailes d'oiseaux des îles, d'ailes
Qui saignent. C'est la fin d'un règne -
Ou quelque chose de plus simple infiniment.
Ce sont les pieds palmés de hauts flamants
Ou de fragiles pattes de colombes
Qui marchent dans l'allée.
(Où vont-elles, si rouges ?)
Leurs traces étoilées
Rejoignent l'autre vigne, où l'on vendange.
Si rouge,
Est-ce déjà le sang des cuves pleines ?
Ah ! simplement la fête des vendanges,
Simplement n'est-ce pas ?
Et pourtant, que vos mains sont tremblantes ! Leurs veines
Se rompent une à une... Tant de sang...
Et cette odeur si fade, étrange.
Ces mains qui tombent d'un air las,
Ô vigne vierge, d'un air las et comme absent,
Ces mains abandonnées...
(Lady Macbeth n'eut-elle pas ce geste
Après avoir frotté la tache si longtemps ?)
Mains qui se crispent, mains qui restent
En lambeaux rouges sur octobre palpitant ;
Dites, oh ! dites chaque année
Etes-vous les mains meurtrières de l'Automne ?
Ou chaque année,
Sans rien qui s'en émeuve ni personne,
Des mains assassinées
Qui flottent au fil rouge de l'automne ?
SABINE SICAUD - 1913 - 1928
Recueil : Premiers Poèmes
Par KTie
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Lundi 12 mai 2008
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05
2008
08:00
HUILE SUR TOILE 40 X30 - automne 2007
La SOURCE
Tout près du lac filtre une source,
Entre deux pierres, dans un coin ;
Allègrement l'eau prend sa course
Comme pour s'en aller bien loin.
Elle murmure : Oh ! quelle joie !
Sous la terre il faisait si noir !
Maintenant ma rive verdoie,
Le ciel se mire à mon miroir.
Les myosotis aux fleurs bleues
Me disent : Ne m'oubliez pas !
Les libellules de leurs queues
M'égratignent dans leurs ébats ;
A ma coupe l'oiseau s'abreuve ;
Qui sait ? - Après quelques détours
Peut-être deviendrai-je un fleuve
Baignant vallons, rochers et tours.
Je broderai de mon écume
Ponts de pierre, quais de granit,
Emportant le steamer qui fume
A l'Océan où tout finit.
Ainsi la jeune source jase,
Formant cent projets d'avenir ;
Comme l'eau qui bout dans un vase,
Son flot ne peut se contenir ;
Mais le berceau touche à la tombe ;
Le géant futur meurt petit ;
Née à peine, la source tombe
Dans le grand lac qui l'engloutit !
de Théophile GAUTIER recueil : Emaux et camées
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Par KTie
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Jeudi 24 avril 2008
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2008
23:41
ACRYLIQUE SUR PAPIER PUIS SUR TOILE - 2005
La vieille maison abandonnée
Le mur est gris, la tuile est rousse,
L'hiver a rongé le ciment ;
Des pierres disjointes la mousse
Verdit l'humide fondement
La porte où file l'araignée,
Qui n'entend plus le doux accueil,
Reste immobile et dédaignée
Et ne tourne plus sur son seuil.
Les volets que le moineau souille
Détachés de leurs gonds de rouille,
Battent nuit et jour le granit,
Les vitraux brisés par les grêles
Livrent aux hirondelles
Un libre passage à leur nid !
De la solitaire demeure
Une ombre lourde d'heure en heure
Se détache sur le gazon :
Et cette ombre, couchée et morte,
Est la seule chose qui sorte
Tout le jour de cette maison !
A l'heure où la rosée s'évapore
Tous ces volets fermés s'ouvraient à sa chaleur,
Pour y laisser entrer, avec la tiède aurore,
Les nocturnes parfums de nos vignes en fleur.
La mère de sa couche à ces doux bruits levée,
Sur ces fronts inégaux se penchait tour à tour,
Comme la poule heureuse assemble sa couvée,
Leur apprenant les mots qui bénissent le jour.
Moins de balbutiements sortent du nid sonore,
Quand au rayon d'été qui vient la réveiller,
L'hirondelle au plafond qui les abrite encore,
A ses petits sans plume apprend à gazouiller.
Et les bruits du foyer que l'aube fait renaître,
Montaient avec le jour, et dans les intervalles,
Des aboiements du chien qui voit sortir son maître
Les Claviers résonnaient dans le chant des cigales.
Alphonse de Lamartine (1790 - 1869)
Par KTie
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