Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 23:08
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Ses remparts et ses magnifiques jardins d'oliviers
Acrylique sur toile Décembre 2005


ROUTE NATIONALE 7
Paroles et Musique: Charles Trenet
© - 1955
 

De toutes les routes de France d'Europe
Celle que j'préfère est celle qui conduit
En auto ou en auto-stop
Vers les rivages du Midi

Nationale Sept
Il faut la prendre qu'on aille à Rome à Sète
Que l'on soit deux trois quatre cinq six ou sept
C'est une route qui fait recette
Route des vacances
Qui traverse la Bourgogne et la Provence
Qui fait d'Paris un p'tit faubourg d'Valence
Et la banlieue d'Saint-Paul de Vence
Le ciel d'été
Remplit nos cœur de sa lucidité
Chasse les aigreurs et les acidités
Qui font l'malheur des grandes cités
Tout excitées
On chante, on fête
Les oliviers sont bleus ma p'tite Lisette
L'amour joyeux est là qui fait risette
On est heureux Nationale 7.

Par Ktie - Publié dans : Villages
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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 22:56

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                                                                            Acrylique sur toile novembre 2005



LES PECHEURS


Le site est floconneux de brume
Qui s'épaissit en bourrelets,
Autour des seuils et des volets,
Et, sur les berges, fume.

Le fleuve traîne, pestilentiel,
Les charognes que le courant rapporte;
Et la lune semble une morte
Qu'on enfouit au bout du ciel.

Seules, en des barques, quelques lumières
Illuminent et grandissent les dos
Obstinément courbés, sur l'eau,
Des vieux pêcheurs de la rivière,

Qui longuement, depuis hier soir,
Pour on ne sait quelle pêche nocturne
Ont descendu leur filet noir,
Dans l'eau mauvaise et taciturne.

Au fond de l'eau, sans qu'on les voie
Sont réunis les mauvais sorts
Qui les guettent, comme des proies,
Et qu'ils pêchent, à longs efforts,
Croyant au travail simple et méritoire,
La nuit, sous les brumes contradictoires.

Les minuits durs sonnent là-bas,
A sourds marteaux, sonnent leurs glas,
De tour en tour, les minuits sonnent,
Les minuits durs des nuits d'automne
Les minuits las.

Les pêcheurs noirs n'ont sur la peau
Rien que des loques équivoques ;
Et, dans leur cou, leur vieux chapeau
Répand en eau, goutte après goutte,
La brume toute.

Les villages sont engourdis
Les villages et leurs taudis
Et les saules et les noyers
Que les vents d'Ouest ont guerroyés.
Aucun aboi ne vient des bois
Ni aucun cri, par à travers le minuit vide,
Qui s'imbibe de cendre humide.

Sans qu'ils s'aident, sans qu'ils se hèlent,
En leurs besognes fraternelles,
N'accomplissant que ce qu'il doit,
Chaque pêcheur pêche pour soi :
Et le premier recueille, en les mailles qu'il serre,
Tout le fretin de sa misère ;
Et celui-ci ramène, à l'étourdie,
Le fond vaseux des maladies ;
Et tel ouvre ses nasses
Aux deuils passants qui le menacent ;
Et celui-là ramasse, aux bords,
Les épaves de son remords.

La rivière tournant aux coins
Et bouillonnant aux caps des digues
S'en va - depuis quels jours ? - au loin
Vers l'horizon de la fatigue ;
Sur les berges, les peaux des noirs limons
Nocturnement, suent le poison
Et les brouillards sont des toisons,
Qui s'étendent jusqu'aux maisons.

Dans leurs barques, où rien ne bouge,
Pas même la flamme d'un falot rouge
Nimbant, de grands halos de sang,
Le feutre épais du brouillard blanc,
La mort plombe de son silence
Les vieux pêcheurs de la démence.

Ils sont les isolés au fond des brumes,
Côte à côte, mais ne se voyant pas :
Et leurs deux bras sont las ;
Et leur travail, c'est leur ruine.

Dites, si dans leur nuit, ils s'appelaient
Et si leurs voix se consolaient !

Mais ils restent mornes et gourds,
Le dos voûté et le front lourd,
Avec, à côté d'eux, leur petite lumière
Immobile, sur la rivière.
Comme des blocs d'ombre, ils sont là,
Sans que leurs yeux, par au delà
Des bruines âpres et spongieuses
Ne se doutent qu'il est, au firmament,
Attirantes comme un aimant,
Des étoiles prodigieuses.

Les pêcheurs noirs du noir tourment
Sont les perdus, immensément,
Parmi les loins, parmi les glas
Et les là-bas qu'on ne voit pas ;
Et l'humide minuit d'automne
Pleut dans leur âme monotone.

Emile VERHAEREN 1855-1916
Recueil: Les villages illusoires

 

Par Ktie - Publié dans : Paysages de mer
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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 18:53
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Acrylique sur toile novembre 2005


"Il n'y a pas en France de ciel plus bleu que celui de collioure.
Je  n'ai qu'à fermer les volets de ma chambre,
et j'ai toutes les couleurs de la Méditerranée chez moi." 
                                                     Henri MATISSE



La nuit impatiente croque le jour.
Elle libère ses effluves d'un désir lourd.
Un éclair de lune illumine Collioure.
Eveillant, les sombres ruelles et tours
La ville s'offre, parée de doux velours
Aux noctambules à l'âme de troubadours. 
Le clapotis des vagues d'une note de glamour
Berce ce  décor digne d'un rêve d'amour
Qui jamais ne s'éteint, c'est l'éternel retour.
Les senteurs marines déferlent à leur tour, 
De la mer endormie au ciel de Singapour.
Mais rien n'égale l'écrin où dort Collioure.
Matisse en a croqué son essence pour toujours
.

Poème extrait du superbe blog de Poésianne. Collioure 31.05.2005.
http://www.poesianne.com/

Par Ktie - Publié dans : Paysages de mer
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