Samedi 30 août 2008

 


PASTEL SEC  - 2006  - 21  x  27
Mon seul et unique essai de pastel sec



A MA FILLE



Oh mon enfant, tu vois,  je me soumets.
Fais comme moi : vis du monde éloignée ;
Heureuse ? non ; triomphante ? jamais.
-- Résignée ! --


Sois bonne et douce, et lève un front pieux.
Comme le jour dans les cieux met sa flamme,
Toi, mon enfant, dans l'azur de tes yeux
Mets ton âme !


Nul n'est heureux et nul n'est triomphant. 
L'heure est pour tous une chose incomplète ;
L'heure est une ombre, et notre vie, enfant,
En est faite.


Oui, de leur sort tous les hommes sont las.
Pour être heureux, à tous, -- destin morose !--
Tout a manqué. Tout, c'est à dire , hélas !
Peu de chose.


Ce peu de chose est ce que, pour sa part,
Dans l'univers chacun cherche et désire:
Un mot, un nom, un peu d'or, un regard,
Un sourire !



La gaîté manque au grand roi sans amour ;
La goutte d'eau manque au désert immense.
L'homme est un puits où le vide toujours
Recommence.


Voir ces penseurs que nous divinisons,
Voir ces héros dont les fronts nous doinent,
Noms dont toujours nos sombres horizons
S'illuminent !


Après avoir, comme fait un flambeau,
Ebloui tout de leurs rayons sans nombre,
Ils sont allés chercher dans le tombeau
Un peu d'ombre.


Le ciel, qui sait nos maux et nos douleurs,
Prend en pitié nos jours vains et sonores.
Chaque matin, il baigne de ses pleurs
Nos aurores.


Dieu nous éclaire, à chacun de nos pas,
Sur ce qu'il est dur et sur ce que nous sommes ;
Une loi sort des choses d'ici-bas,
Et des hommes !


Cette loi sainte, il faut s'y conformer.
Et la voici, toute âme y peut atteindre :
Ne rien haïr, mon enfant ; tout aimer,
Ou tout  plaindre !


Victor HUGO  -  Recueil : Les Contemplations.
1802 - 1885

-o-o-o-o-o-o-


Mis en ligne par Raphaël CONFIANT sur Montray Krérol :



Petite, Petite fille, je ne connais pas ton nom.
Peut-être Malika, Leïla ou Nassima.
Ou peut-être  Hind (" Inde en arabe ) celui qu'on donne aux plus belles, je ne connais pas ton nom mais tes yeux me parlent.


J'aime leur couleur " moreno de verde luna "semon l'image du grand poète andalou Ferderico Garcia Lorca dans le "Romancero gitano". Image que l'on pourrait traduire, maladroitement sans doute par " brun-vert clairdeluné " ou " brun-vert olive ". Oui, tes yeux me parlent et j'entends ces mots : incompréhension, douleur, peur, incrédulité.


Petite fille de Gaza, la rebelle, derrière les barreaux roses de ta maison, observant les funéraillesde ton père abattu par l'armée de Sion. Tu ignores peut-être que d'autres barreaux plus grands et plus terribles enserrent la langue de terre où ton peuple a été parqué depuis un demi-siècle. Sans doute de la terrasse de chez toi, observes tu à l'approche de la  nuit de grands oiseaux de feu qui trouent le ciel et s'en vont. Ce ne sont hélas, point, des créatures d'Allah mais des hélicoptères et les lueurs qui s'en échappentne sont pas des rayons de lune mais le jet continu des mitrailleuses.


Petite fille dont les lèvres s'ouvrent de stupeur et qui pourtant conservent l'innocence des pétales fraîchement écloses des roses d'Ispahan, je sens ton coeur chamader contre le mur où tu tentes de trouverun peu de chaleur et d'affection. En toi, soudain un grand vide, comme si toute ta petite personne se dérobait sous tes jambes, comme si ce que tu voyais par-delà les barreaux te projetait d'un seul élan dans l'innommable monde.


Petite fille de Palestine, je devine pourtant, à tes mèches rebelles, à cette larme au bord de tes yeux qui ne veut pas couler, que l'essentiel en toi, n'a pas été ébranlé. Je devine que demain,  tu grandiras avec une détermination sans faille, que les " moustafikin " ( " hypocrites " en arabe ) et les bavardeursdes droits de l'homme qualifieront probablement de " féroce ". Il ne savent pas de quoi ils parlent. Ils n'ont jamais vu la mort de près. Ils sèment cette mort derrière le blindage d'acier de leurs chars ou depuis la carlingue de leurs chasseurs-bombardiers volant à 10 000 pieds. Puis ils rentrent tranquillement au bercail pour lire des contes de fées à leurs enfants afin de les aider à s'endormir, affectueux et humains en diable.


Petite fille dont on a brisé l'enfance, sache que nous serons nombreux, de plus en plus nombreux à ne pas te condamner le jour où, devenue femme, tu décideras de frapper l'ennemi.
Car comme le dit le grand poète palestinien Mahmoud Darwich :
" Mon pays commence depuis moi-même ".

Petite fille, tu es un pays à toi toute seule. Un pays à naître. Un pays qui vagit, qui tressaute, qui hurle dans l'indifférence des bien-pensants de l'Occident judéo-chrétien.
Un pays qui naîtra un jour.
Forcément.
Aux forceps...

Petite fille palestinienne, tu es ma fille. J'éprouve la tendreté de ta peau contre la mienne, je te serre dans mes bras, je t'étreins.
Je ne cesse de t'étreindre malgré les barreaux qui emprisonnent la sourde énergie de tes six ans.


Soleil, ô soleil, c'est ce que tu es, oui...


RAPHAËL CONFIANT

Par KTie - Publié dans : Divers - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Dimanche 3 août 2008

 

 
HUILE SUR TOILE  -  2004  - 41 x 33

 
Provence

Poèmes de Jean CAMPION


 

 

Jean CAMPION est un poète limpide, qui, dans une métrique classique, délivre de pures merveilles.
Écoutez le chanter la Provence !
À Martigues, surtout, il redonne une beauté virginale, loin des sombres conflits politiques que connut la cité.

 

 



Automne en Aix :

 

 

Les plaintes de novembre étouffent les sourires
Qui musardaient taquins sous le dôme du cours,
En dentelles d'azur et joyaux de porphyre,
Mortes mes nuits d'été, mortes sont mes amours.

Ne vous affolez pas, mes frileuses fontaines
De voir vos longs cheveux s'ébouriffer au vent ;
L'automne en son ennui réalise sa peine
En venant y poser de froids reflets d'argent.

Vous, platanes parés de l'ocre du déclin,
Acceptez ce moment sans même vous défendre.
Essaimez vos frous-frous en bruissements câlins :
Les renouveaux d'Avril sauront bien vous les rendre.

Chassé de l'univers de douces somnolences,
Le promeneur surpris par le premier frisson,
Du fond de sa ruelle où couvent des silences,
Comme un amant frustré regagne sa maison.

Chaque saison se meurt, écartant l'apparence
Qui ne peut s'intégrer à son nouveau décor.
Toi, tu ne peux changer, Aix de ma Provence,
Attentive à garder tes merveilleux trésors !…

 

Par KTie - Publié dans : Villages - Communauté : PEINTURES PASSION
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Lundi 28 juillet 2008

 

 
HUILE
  SUR TOILE -  2005  -  41  x  33 cm


Attendre que la Nuit...

 

 

Attendre que la Nuit, toujours reconnaissable
A sa grande altitude où n’atteint pas le vent,
Mais le malheur des hommes,
Vienne allumer ses feux intimes et tremblants
Et dépose sans bruit ses barques de pêcheurs,
Ses lanternes de bord que le ciel a bercées,
Ses filets étoilés dans notre âme élargie,
Attendre qu’elle trouve en nous sa confidente
Grâce à mille reflets et secrets mouvements
Et qu’elle nous attire à ses mains de fourrure,
Nous les enfants perdus, maltraités par le jour
Et la grande lumière,
Ramassés par la Nuit poreuse et pénétrante,
Plus sûre qu’un lit sûr sous un toit familier,
C’est l’abri murmurant qui nous tient compagnie,
C’est la couche où poser la tête qui déjà
Commence à graviter,
A s’étoiler en nous, à trouver son chemin

 

par

 

Jules Supervielle  ( 1884 - 1960 )


Poète, romancier et dramaturge français, auteur d'une poésie très personnelle, hantée par l'angoisse de l'absence et le sens du mystère.

Né à Montevideo, en Uruguay, issu d'une famille de grande bourgeoisie, orphelin huit mois après sa naissance, il fut élevé par son oncle et sa tante, et partagea sa vie entre la France et l'Amérique du Sud. Il se maria en 1904, et fut père de six enfants. Tandis que ses premiers poèmes sont d'une facture assez traditionnelle (Brumes du passé, 1900 ; Comme des voiliers, 1910), la fréquentation de Jules Laforgue le poussa à cultiver l'humour (Poèmes de l'humour triste, 1919). Il se libéra de toute influence à partir de Débarcadères (1922), le premier de ses recueils en vers libres, où se retrouve toutefois le goût pour les voyages qu’il partageait avec Valéry Larbaud.

Après un roman fantastique (L'Homme de la pampa, 1923), Supervielle explora, dans sa poésie, le fond le plus obscur de sa personnalité (Gravitations ; Le Voleur d'enfants ; Le Forçat innocent ; Les Amis inconnus ; La Fable du monde). Il publia aussi des récits (L'Enfant de la haute mer ; Boire à la source), écrivit pour le théâtre (La Belle au bois). La maladie le retint en Uruguay pendant la guerre, qui lui inspira des poèmes âpres et mystiques (1939-1945 ; La nuit). Sa poésie devint ensuite plus facile d'accès et s'inspira de contes mythologiques (Robinson ; Shéhérazade).

Il obtint le prix des Critiques en 1949, pour Oublieuse mémoire, et celui de l'Académie française, pour l'ensemble de son œuvre, en 1955. Après quelques recueils moins inventifs, il trouva des accents nouveaux dans le Corps tragique (1959), sorte de méditation sur la mort. Dans ses poèmes, la rêverie personnelle atteint souvent une dimension cosmique.

 

 





                          Les Vieilles Barques.

 


Elles gisent sur un lit de sable ou de vase séchée
et pour tout baptême portent des noms à ce jour disparus.
A l'abri, sur leurs corps immobiles, les oiseaux sont perchés,
caquetant sur l'injuste partage des derniers poissons crus.
Leur étrave rouillée ne prendra plus la mer et de leur plancher fendu s'insinue la verte salicorne,
les scellant au sol de toute éternité.

Le regret est amer, quand le flot descendant ne les a emmenés,
ne laissant à l'intérieur de leurs pauvres carcasses
que des flaques stagnantes retenant prisonniers des crabes téméraires…

Elles franchirent les passes pour mener à bon port de leur ventre gravide des fardeaux importants
et sauvèrent des vies, quant aux plus fortes syzygies, les imprudents prenaient la mer.
Vous vivez aujourd'hui le reste de votre âge à vous fondre peu à peu au gré des éléments
qui ne vous portent plus sur le jusant rageur…

Vous ne méritez pas de finir oubliées dans l'âtre d'un foyer ou couvertes d'immondices,
mais dans un musée, ou chacun vous devrait le respect pour les services,
par vous rendus en toute humilité.

Le Bassin d'Arcachon




de François VEILLON
http://pageperso.aol.fr/francoisveillon/Lesfleursdujardin.html
francoisveillon@aol.com
Par KTie - Publié dans : Paysages de mer - Communauté : PEINTURES PASSION
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Mardi 1 juillet 2008

 



ACRYLIQUE  et COLLAGE

de
SERVIETTES en PAPIER sur  TOILE -   2005   -  16  x  22

**********

POEME SUR LES COULEURS

Ma liberté  sent la lavande

Elle est belle comme la lande

Elle ne vient qu’après la  pluie

Elle a la douceur de la nuit

Ma liberté est gaie comme le chant des oiseaux 

Elle est claire comme l’eau

Elle est bleue comme le ciel

Elle a  la saveur du miel

Ma liberté se nomme amour

Elle est splendide comme la fin du jour

Elle est une merveille de vivre

Elle est la consolation des gens ivres

Elle est l'antre et la tendresse 

Elle est légalité et la justesse

Poème écrit dans les années 1980 et édité en 2005

                                    Kao-Ly Yang



                                                                                    ****************************





Rêve de Lavande



Sous un ciel de lavande aux parfums violets,
Je pensais le silence en destins violés.
Sur vous se posait l’ombre et mon corps de bougie
Pleurait sa pureté dans la nue assagie.

Je voilais un regard pour toucher l’univers;
Ma main suivait la vie et des sentiers ouverts.
Je coupais votre fleur, saison contemplative,
Pour réveiller l’Amour en passion hâtive.

La liberté de l’être épousait votre voix.
Se mélangeaient les airs avec esprits adroits.
A l’éther je goûtais, flaveurs spirituelles,
Se balançait le temps, amant de vos dentelles.

La Nature en son temple ornait votre magie,
Le printemps de vos yeux chantait la foi du vers,
La beauté d’un rêveur au sein d’herbe rougie.


4ème Prix Frédéric Mistral

STEPHANE MEIRELES

Par KTie - Publié dans : Villages - Communauté : PEINTURES PASSION
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Mercredi 25 juin 2008

 


AQUARELLE SUR PAPIER CANSON -  1999  - 24 X 32 cm


*************

 

QUE LA MONTAGNE EST BELLE

 

Que la montagne est belle

Près des neiges éternelles

Vierges et immaculées

Que nul n'a su violer

 

Mais qu'il est merveilleux

Sous un soleil radieux

De pouvoir admirer

Ses sommets décorés

 

Toutes ses cimes en beauté

Espaces de liberté

Inondées de lumière

Incitent à la prière

 

Alors sous le ciel bleu

Osons bénir notre Dieu

Et sentons la caresse

De sa brise de tendresse

 

Robert CASANOVA  -  18/06/05
www.robertcasanova.fr

 °*******°





La Montagne qui accouche



Une Montagne en mal d'enfant

Jetait une clameur si haute,

Que chacun au bruit accourant

Crut qu'elle accoucherait, sans faute,

D'une Cité plus grosse que Paris:

Elle accoucha d'une Souris.

Quand je songe à cette Fable

Dont le récit est menteur

Et le sens est véritable,

Je me figure un Auteur

Qui dit: Je chanterai la guerre

Que firent les Titans au Maître du tonnerre.

C'est promettre beaucoup; mais qu'en sort-il souvent?

Du vent.

 
                                  Auteur : Jean de La Fontaine (1621 -1695)  
                                                        
                             °*******°


A CES MONTAGNES BLEUES



Essayez un peu de percevoir la majesté de ces lieux

Imprégnez-vous, par la vue mais aussi par l'âme, de ces montagnes bleues.


Il est de ces endroits, plus magnifiques, qui vous laissent en émoi


Lorsque vous laissez agir le charme, devient un accord avec votre "Moi".


Ah, étonnantes sont ces montagnes qui vous semblent si immuables


Et de leurs couvre-chefs si blancs entourés de ces si bleus halos


En imposent, lors de cette réflexion, des sentiments bien impalpables.


Mais n'est-il pas normal lorsqu'on est majestueux d'éblouir de ces flots !


Quand vous vous retrouverez assis face-à-face avec ces beautés


Quand vous pourrez apprécier toute la magnificence de ces sur-posées


Alors viendra la compréhension de toute cette aura qui est un état de fait


Démonstration de cette grandeur qui vous influence au plus profond, ce à jamais.


Alors le jour où après en avoir longuement, mais longuement profité


De votre départ si douloureux d'être détaché, dites-vous en aparté :


"Quelle joie d'avoir appartenu, avec extase, à la grandeur de ces lieux -


Quelle tristesse de devoir abandonner ces magnifiques montagnes bleues ! "




                                           ... EsteBan Hache ...

 

Copyright : Poèmes "À CES MONTAGNES BLEUES"

[ Poème : À CES MONTAGNES BLEUES ][œuvre original][source de l'œuvre]

Copyright © EsteBaN HACHE
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre.

 

Par KTie - Publié dans : Aquarelles du siècle dernier - Communauté : PEINTURES PASSION
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